A la Ferté-Saint-Aubin, le Secours Catholique gère une épicerie itinérante
Depuis près d’un an, le Secours Catholique du Loiret s’est vu confier par la mairie de la Ferté-Saint-Aubin la gestion d’une épicerie solidaire itinérante. Le 11 mars dernier, la devanture de la camionnette toute équipée était ouverte face à la maison de l’animation sociale et de la solidarité (MASS). Rencontre avec les bénévoles et les usagers de ce commerce ambulant pas comme les autres.
Ce matin-là, sous une pluie battante, plusieurs femmes attendent leur tour sous un barnum dressé à la hâte par les bénévoles de l’équipe locale du Secours Catholique. Certaines sont arrivées près d’une heure avant l’ouverture du camion sans doute par crainte de ne pas trouver tous les produits convoités. Pourtant, la vitrine de l’épicerie ambulante approvisionnée par la banque alimentaire semble bien fournie : à côté des produits secs, conserves, soupes en briques, farine…des fruits et légumes frais sont disponibles : endives, artichauts, poivrons, céleri rave, oranges… Seul bémol, cette semaine, il n’y a pas de viande ni de charcuterie.
“Nous passons tous les 15 jours sur 3 lieux différents de l’agglomération” précise Michel de Vial, bénévole responsable de l’épicerie. “La MASS nous transmet avant chaque passage la liste des bénéficiaires qu’elle a elle-même déterminée. Ce matin 19 familles sont attendues. Tous les produits sont vendus avec un rabais de 80% sur leur prix public”.
En chargeant le camion, un bénévole s’est aperçu que la date limite des “îles flottantes” était celle du jour. Ces desserts ne pourront donc pas être remis à la vente le lendemain.
"Je congèle tout, je ne jette rien !"
Morgan, jeune maman de deux enfants de 2 et 5 ans, attend patiemment son tour. “Une fois toutes mes dépenses incompressibles payées, il ne me reste que 15 euros par jour pour nourrir ma famille” tient-elle à rappeler. “ici je viens pour le frais, le café, le lait, l’huile qui est devenue très chère, mais aussi les produits de vaisselle et les couches”.
Elle qui est aussi bénévole à la boutique solidaire locale du Secours Catholique affirme prendre le temps de faire son propre pain. “C’est économique et les baguettes ne se conservent pas”. C’est son mari qui cuisine les plats en sauce. “Je congèle tout et je récupère les restes. Je ne jette rien”.
Dans la cabine de la camionnette, un bénévole s’affaire à saisir sur un ordinateur portable le poids de tous les produits délivrés que lui marquent sur un papier les deux vendeuses. Au début, il n’arrivait pas à capter internet et a dû faire un partage de communication à partir d’un smartphone. “Nous n’avons qu’un frigo dans le véhicule” indique Michel de Vial. “Il nous manque un petit congélateur pour stocker la viande qui nous arrive parfois congelée”.
Encore peu de produits locaux
Jessica a trois enfants et se dit en dépression car elle est en plein divorce. “Cette épicerie, c’est un bon coup de pouce, cela aide bien” remarque-t-elle. “On a le basique, huile, sucre, farine… Mais lorsqu’il y a de la viande les quantités sont limitées et ce sont les premières qui en profitent”.
Le responsable de l’épicerie aimerait bien pouvoir disposer de plus de produits locaux. A ce jour, il n’a réussi qu’à se fournir en fromage de vache auprès d’un producteur du domaine de Ciran et propose aussi du miel et des pots de confitures confectionnés près de la Ferté-Saint-Aubin. “J’ai aussi récupéré des pommes auprès d’un pomiculteur de Tigy!”.